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Supporting research and evidence-based interventions to promote access and quality of reproductive health and family planning services
Bulletins techniques de sante globale
Auteur(s):
Roy Jacobstein, The ACQUIRE Project/EngenderHealth
John Pile, The ACQUIRE Project/EngenderHealth

La vasectomie : sûre, pratique, efficace - et sous-utilisée

  • La vasectomie est une forme chirurgicale de contraception masculine très sûre, pratique, hautement efficace et simple, assurée sous anesthésie locale en consultation ambulatoire et qui est censée être de nature permanente.
  • Bien que la vasectomie soit plus sûre, plus simple, moins chère et tout aussi efficace que la stérilisation féminine, elle demeure la méthode de contraception moderne la moins connue et la moins utilisée.
  • Dans chaque région et contexte culturel, religieux ou socio-économique, les hommes manifestent un intérêt pour la vasectomie ou son utilisation, en dépit des idées reçues concernant les attitudes masculines négatives et des interdits sociaux. Ils ne disposent cependant pas souvent du plein accès à l’information et aux services.
  • Des programmes bien pensés et axés sur les hommes ont renforcé le recours à la vasectomie.
  • Afin d’être efficaces, les programmes de planification familiale et de santé reproductive doivent comporter une composante vasectomie active et accessible, qui offre des services de qualité, une gamme ouverte d’options contraceptives pour l’homme et sa partenaire, ainsi que la possibilité de faire un choix informé.

Caractéristiques spécifiques à la méthode et considérations y afférentes

Efficacité : La vasectomie est d’un haut degré d‘efficacité, comparable à la stérilisation féminine et aux méthodes féminines réversibles de long terme, telles que les implants et le stérilet. Cependant, du fait que la vasectomie n’est pas immédiatement efficace : l’OMS recommande que le couple utilise une autre méthode de contraception pendant les trois mois suivant l’intervention. Le risque d’échec (grossesse) est généralement de l’ordre de 0,2 à 0,4 %, bien que des taux d’échec atteignant entre 3 et 5 % aient été enregistrés. L’échec peut être dû au comportement du client (s’il n’a pas recours à une autre méthode de contraception après l’intervention) ou à une déficience technique de l’intervention.

Sécurité : La vasectomie est sans danger, avec peu de restrictions médicales. Morbidité majeure et mortalité sont rares et aucun effet secondaire indésirable à long terme n’a été observé. Des complications mineures telles que des infections postopératoires, des saignements, la formation d’hématomes et des douleurs surviennent à court et long termes, à un taux signalé entre 5 et 10 %. La technique sans scalpel a une incidence de complications postopératoires bien plus basse que les opérations par incision.

VIH-SIDA : La vasectomie ne protège pas contre l’infection par le VIH. La séropositivité ne justifie pas le refus de l’exécution d’une vasectomie. Une homme atteint du SIDA et dont l’état clinique est stable peut aussi bénéficier d’une vasectomie.

Regrets : La plupart des hommes qui choisissent la vasectomie ne regrettent pas leur décision. Cependant, une corrélation très nette a pu être observée entre les regrets ultérieurs et divers facyeurs notamment un jeune âge, une instabilité au sein du mariage, et la prise de décisions sous pression financière ou autre. C’est pourquoi un accompagnement psychologique est crucial avant la vasectomie.

Assistance psychologique : Un choix libre et averti demande une consultation « dans les deux sens ». Cette consultation doit avoir pour but de dissiper les craintes (notamment celles concernant le fonctionnement sexuel ligature tubaire ou la douleur après l’intervention) et corriger des mythes (tels que « vasectomie égalcastration » ou « ça affaiblit un homme »). Elle doit mettre l’accent sur le fait que la vasectomie est censée être permanente, qu’elle est difficilement réversible, qu’elle peut échouer, qu’elle ne protège pas contre les IST (dont le VIH) et qu’elle n’est pas fonctionnelle immédiatement après la procédure, d’où l’obligation d’utiliser une autre méthode de contraception pendant un certain temps. Il convient de procéder au dépistage des indicateurs de risques de regrets et de mener à bien le processus de consentement averti (autorisation).

Considérations programmatiques

La vasectomie sans scalpel (VSS) est la meilleure technique de vasectomie. La vasectomie doit être effectuée par des prestataires motivés et dûment formés, dans des installations médicales dotéesdes équipements requis et où l’accent est mis sur une bonne technique chirurgicale, la prévention des infections et le suivi psychologique1. Quand elle est réalisée par un chirurgien ou un professionnel médical ayant benéficié d’une bonne formation, l’opération prend 15 minutes ou moins.

Enseignements tirés : L’accès au service et la qualité peuvent être améliorés : en étant attentif aux besoins des hommes et aux besoins des prestataires, en adoptant une approche holistique (c’est-à-dire en s’adressant à la fois aux facteurs « d’offre » et de « demande ») et en se concentrant sur les principes essentiels de la prestation de service.

Les programmes de VSS qui donnent de bons résultats comportent en général les éléments suivants:


1 De nombreuses études utilisant des clients mystères ont montré que très souvent la vasectomie n’est même pas mentionnée lors des discussions sur la planification familiale avec des clients, même avec ceux qui indiquent qu’ils veulent limiter les futures naissances.

2 De multiples voies de communication peuvent créer un effet de synergie et doivent cibler aussi bien les hommes que les femmes. Ceci est important parce que « la vasectomie est aussi bien une activité IEC qu’une opération chirurgicale ». Le Brésil, la Colombie et le Guatemala ont pu doubler le nombre de vasectomie réalisées grâce à des campagnes multimédiatiques. Les centrales téléphoniques ont permis d’augmenter le nombre d’opérations au Kenya et aux États-Unis.

3 Par exemple, être ouvert le soir et le week-end, entretenir des cliniques exclusivement masculines, si possible, ou au moins des salles d’attente séparées, utiliser des prestataires masculins, offrir des soins de santé généraux pour les hommes et des soins pour les troubles sexuels, les IST, l’infertilité (en plus des VSS), etc.

4 Une approche analytique systématique, du type « Amélioration des prestations » est utile pour identifier les lacunes éventuelles dans les connaissances des fournisseurs, les compétences en chirurgie et en communication, et les autres besoins du programme. Lorsqu’une formation s’impose, l’organisation de cours sur place et sur site est souvent efficaces.

Pour de plus amples informations, voir www.maqweb.com

Références

Contraceptive Sterilization: Global Issues and Trends. EngenderHealth, New York, NY, 2002.
No-Scalpel Vasectomy: An Illustrated Guide for Surgeons. EngenderHealth, New York, NY, 2003

D'autres Bulletins techniques se trouvent à : www.maqweb.org/techbriefs/index.shtml

Dernière révision: 05/01/2005
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