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IUD Toolkit
Up-to-date evidence and best practices related to the Intrauterine Device


Foire aux questions sur les dispositifs intra-utérins (DIU)
Informations générales sur le DIU
Q1. Le DIU, qu’est-ce que c’est ?
Q2. Quel est le mécanisme d’action du DIU ?
Q3. Le DIU est-il une source de gêne pendant les rapports sexuels pour le partenaire de l’utilisatrice ?
Q4. Quels sont les types de DIU disponibles ?
Q5. Combien coûte le DIU ?
Efficacité du DIU
Q6. Quel est le taux d’efficacité du DIU ?
Q7. Une fois inséré, quel est le délai d’efficacité du DIU ?
Q8. Quel est le risque de grossesse en cas d’utilisation du DIU au cuivre ?
Q9. Le risque de grossesse augmente-t-il si le DIU est toujours en place cinq ans après son insertion ?
Efficacité du DIU
Q10. Quels sont les avantages du DIU ?
Q11. Quels sont les inconvénients du DIU ?
Qui peut utiliser le DIU ?
Q12. Qui peut utiliser le DIU ?
Q13. Pour qui le DIU est-il une bonne option ?
Q14. La femme nullipare peut-elle utiliser le DIU ?
Q15. Peut-on être trop jeune ou trop âgée pour utiliser le DIU ?
Q16. La femme diabétique peut-elle utiliser le DIU ?
Q17. Chez qui la pose du DIU est-elle contre-indiquée ?
Insertion du DIU
Q18. Quand l’insertion peut-elle se faire ?
Q19. L’insertion doit-elle se faire uniquement pendant les règles ?
Q20. Faut-il prescrire des antibiotiques à titre prophylactique avant l’insertion ?
Q21. Faut-il passer une visite médicale de routine avant de se faire insérer un DIU (deux visites distinctes) ?
Q22. L’insertion du DIU peut-elle se faire immédiatement après l’accouchement ?
Q23. À quel moment le DIU peut-il être inséré pendant le post-partum ?
Q24. Le DIU peut-il être inséré immédiatement après un avortement ?
Q25. Dans quelles situations après un avortement l’insertion du DIU est-elle contre-indiquée ?
Q26. Les infirmières et les sages-femmes qualifiées peuvent-elles procéder à l’insertion du DIU en toute sécurité ?
Suivi après l’insertion
Q27. Quel est le calendrier des visites de suivi après l’insertion du DIU ?
Retrait du DIU
Q28. Une « période de repos » s’impose-t-elle au bout d’un certain temps d’utilisation ?
Q29. Y a-t-il des raisons médicales qui justifient le retrait du DIU ?
Q30. Faut-il retirer le DIU si le partenaire se plaint de sentir le fil ?
Rétablissement de la fertilité après le retrait du DIU
Q31. Le fait d’avoir utilisé un DIU empêche-t-il la femme d’avoir des enfants ultérieurement ?
Effets secondaires, complications et risque d’infection
Q32. Quels sont les signes précurseurs de complications ?
Q33. Le DIU accroît-il le risque de grossesse extra-utérine ?
Q34. Quelles sont les raisons possibles de la disparition du fil ?
Q35. Une fois placé dans l’utérus, le DIU peut-il gagner d’autres organes, par exemple le cœur ou le cerveau ?
Q36. Quels sont les effets secondaires courants du DIU ?
Q37. La présence de règles abondantes ou de saignements entre les règles justifie-t-elle le retrait du DIU ?
Q38. Le DIU est-il une cause de MIP ?
Q39. Le DIU protège-t-il contre les IST/le VIH ?
Informations générales sur le DIU
Q1. Le DIU, qu’est-ce que c’est ?
Le DIU est une méthode de contraception à long terme qui est sans danger, facile à utiliser, réversible et efficace. C’est un dispositif souple et de petite taille, fait en plastique. Il s’insère dans la cavité utérine par la voie vaginale.
Q2. Quel est le mécanisme d’action du DIU ?
Son principal mécanisme d’action repose sur la prévention de la fécondation. Le DIU au cuivre empêche la fécondation et fait de l’utérus un « environnement spermicide ». Les spermatozoïdes sont tués ou neutralisés, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas rejoindre l’ovule. Le DIU qui contient un progestatif provoque l’épaississement de la glaire cervicale, ce qui empêche les spermatozoïdes de gagner l’utérus.
Q3. Le DIU est-il une source de gêne pendant les rapports sexuels pour le partenaire de l’utilisatrice ?
En règle générale, non. Il arrive parfois que l’homme sente le fil du DIU. Si cela le gêne, on peut couper le fil pour le raccourcir, ce qui devrait régler le problème. Il faut toutefois expliquer préalablement à la femme qu’elle ne pourra plus toucher le fil pour s’assurer de la présence du DIU, et que le retrait du dispositif pourrait être plus difficile. L’homme peut être gêné pendant un rapport sexuel si le DIU commence à sortir du canal cervical. Si la femme pense que c’est le cas, elle doit consulter immédiatement un médecin ou une infirmière.
Q4. Quels sont les types de DIU disponibles ?
Deux types de DIU sont disponibles : les DIU au cuivre et les DIU qui libèrent une hormone. Le DIU au cuivre est un dispositif en plastique recouvert d’un fil de cuivre à la manière d’un manchon. Le DIU au cuivre T-380A (TCu 380A) est d’usage très courant. Le DIU qui libère une hormone (il n’existe qu’un seul modèle), contient du lévonorgestrel ; c’est le même progestatif de synthèse que celui qui est contenu dans un grand nombre de pilules contraceptives.
Le DIU s’accompagne de coûts très faibles tant pour les programmes que pour les clientes. En ce qui concerne les programmes, ce produit coûte nettement moins cher que la plupart des autres méthodes de contraception (en 2005, l’USAID chiffrait le coût du DIU au cuivre en forme de T à 1,77 $). Les frais de formation et les fournitures connexes non réutilisables sont à rajouter aux coûts programmatiques. En ce qui concerne les clientes, le coût du DIU varie selon les pays et selon qu’elles se procurent ce dispositif dans le secteur privé ou public. En règle générale, toutefois, le coût d’un DIU est à peu près égal ou inférieur à celui de la pilule ou des produits injectables après deux ans d’emploi.
Efficacité du DIU
Q6. Quel est le taux d’efficacité du DIU ?
Son efficacité est supérieure à 99 %, ce qui fait du DIU l’une des méthodes de contraception les plus efficaces.
Q7. Une fois inséré, quel est le délai d’efficacité du DIU ?
Il est efficace immédiatement ; la femme peut avoir un rapport sexuel dès qu’elle le souhaite. Il faut la prévenir qu’elle pourrait avoir des saignements ou des petits saignements (spotting) pendant les premiers jours suivant l’insertion. Il n’y a pas lieu de s’en inquiéter.
Q8. Quel est le risque de grossesse en cas d’utilisation du DIU au cuivre ?
Le risque de grossesse en cas d’utilisation du DIU au cuivre est extrêmement faible, de l’ordre de 0,6 à 0,8 grossesse pour 100 femmes dans la première année d’utilisation (1 sur 125 à 170).
Q9. Le risque de grossesse augmente-t-il si le DIU est toujours en place cinq ans après son insertion ?
Le risque de grossesse n’augmente pas au fil du temps. Les observations tirées de l’étude de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) confirment l’excellente efficacité du DIU pendant au moins 12 ans. (Le lecteur doit savoir que la United States Food and Drug Administration (FDA) fixe à 10 ans seulement l’efficacité du DIU. Certains documents contenus dans la Trousse d’information sur le DIU mentionnent aussi une efficacité de 10 ans ; la position officielle des auteurs de la Trousse d’information est que le DIU est « efficace pendant au moins 12 ans ».)
Efficacité du DIU
Q10. Quels sont les avantages du DIU ?
Les avantages sont les suivants :
- Hautement efficace (99 %+) et sans danger
- Réversible (rétablissement immédiat de la fertilité après le retrait)
- Sans danger pour les femmes qui allaitent et quand l’insertion est faite au tout début du post-partum
- Un bon choix pour les femmes chez qui la prise de contraceptifs oraux est contre-indiquée
- Convient même aux femmes séropositives pour le VIH ou à risque de contracter ce virus
- Longue durée d’emploi (au moins 12 ans pour le TCu 380A)
- L’insertion nécessite une visite seulement ; un suivi s’impose, mais il est minimal – soit après les règles ou dans les trois à six semaines qui suivent l’insertion
- La cliente n’a pas besoin d’utiliser une autre méthode lorsqu’elle a un rapport sexuel (le DIU est indépendant du coït), ce qui lui permet de protéger son intimité en même temps qu’elle maîtrise sa fertilité.
- Les hormones de synthèse, par exemple celles qui sont présentes dans les contraceptifs oraux et les produits injectables, sont inexistantes dans le DIU au cuivre : les taux d’hormones naturelles restent donc inchangés
- Aucune interaction médicamenteuse
- Très bonne acceptabilité et taux de continuation satisfaisant
- Economique
Q11. Quels sont les inconvénients du DIU ?
Ses inconvénients sont les suivants :
- Son insertion et son retrait nécessitent l’intervention d’un prestataire qualifié.
- Légère douleur, crampes, saignements mineurs au moment de l’insertion
- Avec le DIU au cuivre , la femme peut avoir des règles plus abondantes et plus longues, davantage de crampes, des saignements ainsi que de petits saignements (spotting), ce qui est relativement courant pendant les trois premiers mois suivant l’insertion.
- Les complications graves nécessitent une prise en charge immédiate et des services médicaux d’appoint de qualité.
- Si des techniques courantes de prévention des infections ne sont pas respectées, l’insertion fait courir un risque accru à la cliente.
- Si la cliente a une infection à Chlamydia ou à gonococque, l’insertion d’un DIU lui fait courir un risque accru de maladie inflammatoire pelvienne (MIP), d’où un risque de stérilité ultérieurement ; il ne faut pas procéder à l’insertion d’un DIU dans ces circonstances.
- Comme tous les autres contraceptifs exception faite du préservatif, masculin ou féminin, le DIU ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST), VIH y compris.
Qui peut utiliser le DIU ?
Q12. Qui peut utiliser le DIU ?
- Les femmes, indépendamment de leur parité, de leur âge, de leur statut sérologique relativement au VIH, de leur tension artérielle ou des états pathologiques dont elles pourraient souffrir et à cause desquels la contraception hormonale est parfois contre-indiquée.
Q13. Pour qui le DIU est-il une bonne option ?
Le DIU convient aux femmes qui veulent :
- Retarder de plus d’un an ou deux l’échéance de leur première grossesse.
- Espacer leurs grossesses de deux ans ou plus.
- Ne plus avoir d’enfants, mais ne veulent pas utiliser une méthode permanente (stérilisation).
- Utiliser une méthode à long terme et facilement réversible (le DIU est associé à un excellent taux de recouvrement de la fertilité).
- Utiliser une méthode efficace.
- Allaiter (le DIU n’affecte pas la lactation).
- Utiliser, dès le début du post-partum (de l’expulsion du placenta jusqu’à 48 heures après l’accouchement), une méthode efficace sans effet sur l’allaitement. Le DIU n’affecte pas la lactation et peut être posé immédiatement après l’expulsion du placenta ou dans les 48 heures qui suivent. Cette procédure nécessite l’intervention d’un prestataire qualifié.
Q14. La femme nullipare peut-elle utiliser le DIU ?
En règle générale, la femme nullipare peut recourir au DIU. Toutefois, il faut noter qu’elle court un risque légèrement plus élevé (jusqu’à 10 %) d’expulsion du DIU parce que son utérus est de petite taille. Cela ne pose aucun danger pour elle, mais elle n’est plus protégée contre la grossesse si le DIU est expulsé.
Q15. Peut-on être trop jeune ou trop âgée pour utiliser le DIU ?
Il n’y a pas d’âge minimum ni maximum, tant que la femme ne présente pas de contre-indications médicales et qu’elle a bénéficié d’un counseling adéquat sur les avantages et les inconvénients du DIU. Le DIU doit être retiré chez la femme ménopausée – attendre au moins un an après ses dernières règles.
Q16. La femme diabétique peut-elle utiliser le DIU ?
Oui. Le DIU est sans danger pour la femme diabétique. Toutefois, cette dernière court un risque accru de toutes sortes d’infections. Elle doit consulter une infirmière ou un médecin si elle remarque des signes possibles d’IST ou d’autres types d’infections, en particulier juste après l’insertion du DIU.
Q17. Chez qui la pose du DIU est-elle contre-indiquée ?
Chez les femmes qui présentent les états suivants :
- La grossesse
- Une infection consécutive à un accouchement ou à un avortement
- Des saignements vaginaux inexpliqués
- Le cancer du col de l’utérus, de l’endomètre ou de l’ovaire
- Une MIP ou une IST (cervicite purulente)
- Une déformation de la cavité utérine (incompatible avec l’insertion du DIU)
- Une maladie trophoblastique gestationnelle bénigne (rare)
- Une tuberculose pelvienne (rare)
Insertion du DIU
Q18. Quand l’insertion peut-elle se faire ?
L’insertion peut avoir lieu à n’importe quel moment du cycle menstruel, suivant ce qui est le plus pratique pour la femme, à condition que le prestataire puisse écarter avec une relative certitude la possibilité que la femme soit enceinte. Selon les lignes directrices actuelles, le DIU au cuivre peut être inséré pendant les 12 premiers jours du cycle menstruel, ou à tout autre moment si le prestataire est raisonnablement sûr que la cliente n’est pas enceinte. Il peut être inséré après un accouchement et après un avortement (en l’absence d’une infection de l’utérus).
Q19. L’insertion doit-elle se faire uniquement pendant les règles ?
Le DIU peut être inséré à n’importe quel moment du cycle menstruel si le prestataire a de bonnes raisons de croire que la femme n’est pas enceinte. L’insertion pendant les règles est une bonne façon d’écarter l’éventualité de la grossesse, et l’insertion en ce moment peut se révéler plus facile pour certaines femmes. Cependant, les signes d’infection sont moins faciles à observer pendant les règles. Il y a néanmoins des prestataires qui préfèrent procéder à la pose du DIU vers le milieu du cycle menstruel parce que le col de l’utérus est plus ouvert.
Q20. Faut-il prescrire des antibiotiques à titre prophylactique avant l’insertion ?
Il n’est pas nécessaire de prescrire des antibiotiques avant de procéder à l’insertion d’un DIU. Si l’insertion est réalisée correctement, le risque d’infection chez les femmes en bonne santé est minime, de sorte que la prise d’antibiotiques ne se justifie pas. Quoi qu’il en soit, la plupart des travaux de recherche récents donnent à penser que les antibiotiques ne réduisent pas considérablement le risque de MIP.
Q21. Faut-il passer une visite médicale de routine avant de se faire insérer un DIU (deux visites distinctes) ?
Il n’y a pas lieu de faire passer une visite médicale de routine à la femme avant de lui demander de revenir pour se faire mettre un DIU. Celle-ci peut avoir du mal à se présenter à deux rendez-vous, et elle pourrait courir le risque de tomber enceinte entre-temps si elle n’a aucune protection. Avant d’insérer un DIU, il est recommandé d’évaluer le risque d’IST que court la cliente en se laissant guider par l’anamnèse et l’examen clinique. Dans la mesure du possible, il faut dispenser un counseling, présélectionner les clientes et procéder à l’insertion le même jour.
Q22. L’insertion du DIU peut-elle se faire immédiatement après l’accouchement ?
Oui, la pose du DIU peut se faire après l’accouchement. Le DIU peut être inséré après un accouchement par voie basse, ou par césarienne (intervention chirurgicale) après incision de la paroi abdominale. L’insertion doit être pratiquée par un prestataire dûment qualifié.
Q23. À quel moment le DIU peut-il être inséré pendant le post-partum ?
Le DIU peut être inséré :
- immédiatement après l’accouchement (dans les 10 minutes qui suivent l’expulsion du placenta) ou après une césarienne (formation spécialisée requise) ;
- avant que la femme ne quitte la maternité (jusqu’à 48 heures après l’accouchement) ;
- dès la quatrième, voire la sixième semaine, du post-partum, quand la femme se présente pour la visite médicale de routine et qu’elle demande un DIU
Q24. Le DIU peut-il être inséré immédiatement après un avortement ?
L’insertion peut avoir lieu immédiatement après un avortement spontané ou provoqué (ou à n’importe quel moment après un avortement à condition que la femme ne soit pas enceinte), sauf chez la femme qui a une infection pelvienne ou qui a subi un avortement septique (voir ci-dessous).
Q25. Dans quelles situations après un avortement l’insertion du DIU est-elle contre-indiquée ?
Il ne faut pas procéder à la pose du DIU dans les situations ci-après :
- En cas d’infection confirmée ou présumée (signe d’un avortement pratiqué dans des conditions insalubres, signes et symptômes de sepsis ou d’infection, ou impossibilité d’écarter la présence d’une infection), attendre que le risque d’infection ait été écarté ou que l’infection soit complétement guérie (environ 3 mois) avant d’insérer un DIU.
- En cas de traumatisme grave de l’appareil génital (perforation de l’utérus, traumatisme grave du vagin ou du col, brûlures d’origine chimique), attendre la guérison complète avant de placer un DIU.
- En cas d’hémorragie et d’anémie grave, il est de même conseillé d’attendre la guérison. Ceci dit, le DIU hormonal peut être utilisé en cas d’anémie grave (il réduit le flux menstruel).
- La pose d’un DIU après un avortement précédé de 16 semaines de gestation nécessite l’intervention d’un prestataire spécialement qualifié, seul capable à ce moment-là de le placer correctement dans la cavité utérine. Autrement, attendre six semaines de plus.
Q26. Les infirmières et les sages-femmes qualifiées peuvent-elles procéder à l’insertion du DIU en toute sécurité ?
La pose d’un DIU (y compris dès le début du post-partum ou immédiatement après un avortement) peut être confiée en toute sécurité à des infirmières et à des sages-femmes ainsi qu’à d’autres prestataires paramédicaux qui ont été formés selon les normes nationales ou institutionnelles pertinentes.
Suivi après l’insertion
Q27. Quel est le calendrier des visites de suivi après l’insertion du DIU ?
Une visite de suivi est recommandée au moment des premières règles ou trois à six semaines après l’insertion. Aucune autre visite particulière ne s’impose, sauf pour le retrait du DIU. La femme doit consulter un prestataire si elle a le moindre problème ou la moindre inquiétude.
Retrait du DIU
Q28. Une « période de repos » s’impose-t-elle au bout d’un certain temps d’utilisation ?
Une période de repos ne se justifie pas si une femme veut se faire mettre un nouveau DIU quand l’ancien est périmé. Le risque d’infection pelvienne est moindre si le DIU est retiré quand il a atteint sa date de péremption et que le nouveau dispositif est immédiatement placé dans les mêmes conditions que le précédent. Demander à la femme de prendre deux rendez-vous, c’est lui faire courir un risque de grossesse entre la date du retrait de l’ancien DIU et la date d’insertion du nouveau.
Q29. Y a-t-il des raisons médicales qui justifient le retrait du DIU ?
Il y a lieu de retirer le DIU si :
- la femme en fait la demande ;
- elle commence à présenter des symptômes de contre-indications ;
- la durée d’efficacité du DIU a atteint sa limite (le DIU est efficace pendant au moins 12 ans d’utilisation, et la FDA en approuve l’emploi pendant 10 ans).
Q30. Faut-il retirer le DIU si le partenaire se plaint de sentir le fil ?
Non, il n’est pas nécessaire de retirer le DIU si le partenaire se plaint de sentir le fil.
- Expliquer à la femme et/ou à son partenaire ce qu’est le fil et leur conseiller de voir s’ils peuvent s’y habituer.
- Présenter à la cliente les options à sa disposition (et leurs inconvénients). Au besoin, couper le fil pour qu’il ne dépasse pas du canal endocervical. Informer la femme qu’elle ne pourra plus vérifier si le DIU est toujours en place, puisqu’elle ne sentira plus le fil, et qu’il faudra employer une fine pince pour retirer ce dispositif le moment venu (d’où un léger risque supplémentaire d’infection). Si le fil est coupé, en prendre note dans le dossier médical de la femme et lui dire où est situé le bout restant. Cette information sera utile au moment du retrait du dispositif.
- Si les options ci-dessus ne sont pas acceptables, proposer de retirer le DIU.
Rétablissement de la fertilité après le retrait du DIU
Q31. Le fait d’avoir utilisé un DIU empêche-t-il la femme d’avoir des enfants ultérieurement ?
En règle générale, non. La femme peut tomber enceinte immédiatement après le retrait du DIU, et l’utilisation de cette méthode n’est pas associée à un risque notable de stérilité. Toutefois, la pose d’un DIU chez une femme atteinte d’une IST accroît le risque de MIP, qui est une cause de stérilité. C’est la présence d’une IST au moment de l’insertion, plutôt que le dispositif lui-même, qui est le principal facteur de risque de MIP et, éventuellement, de stérilité.
Effets secondaires, complications et risque d’infection
Q32. Quels sont les signes précurseurs de complications ?
Il y a cinq signes qui doivent faire envisager une infection ou la défaillance du DIU (expulsion ou grossesse). La cliente qui remarque le moindre de ces signes doit consulter un prestataire :
- Retard de règles, petits saignements (spotting) anormaux ou saignements
- Douleurs abdominales pendant les rapports sexuels
- Infections (ou pertes vaginales inhabituelles)
- Ne pas bien se sentir, avoir de la fièvre ou des frissons
- Les fils ont disparu ou ils sont plus courts ou plus longs qu’avant
Q33. Le DIU accroît-il le risque de grossesse extra-utérine ?
Le DIU n’accroît pas le risque de grossesse extra-utérine. Le DIU empêche toutes les formes de grossesse, y compris la grossesse tubaire et la grossesse extra-utérine. Les utilisatrices du DIU sont donc moins susceptibles de faire une grossesse extra-utérine que les femmes actives sexuellement qui n’ont recours à aucune méthode contraceptive. Toutefois, au cas improbable où l’utilisatrice d’un DIU deviendrait enceinte, le risque que cette grossesse soit extra-utérine est supérieur au risque de ce type de grossesse chez les autres femmes. Ceci dit, l’utilisatrice du DIU qui se retrouve enceinte a beaucoup plus de chance de faire une grossesse normale qu’une grossesse ectopique ; on estime qu’une grossesse sur 13 à 16 sera une grossesse ectopique, soit un taux de 6 % à 8 %.
Q34. Quelles sont les raisons possibles de la disparition du fil ?
Il y a deux raisons possibles pour la disparition du fil :
- Le DIU pourrait avoir été expulsé pendant les règles (sans que la femme le remarque).
- Si elle ressent de fortes douleurs (ou si l’insertion a été très douloureuse), le DIU pourrait avoir perforé l’utérus.
Dans un cas comme dans l’autre, la femme doit retourner à la clinique.
Q35. Une fois placé dans l’utérus, le DIU peut-il gagner d’autres organes, par exemple le cœur ou le cerveau ?
Très rarement, le DIU peut traverser la paroi de l’utérus et se nicher dans l’abdomen. Ceci est probablement dû à une erreur commise pendant la pose du dispositif, et non au déplacement progressif du DIU à travers la paroi de l’utérus. Le DIU ne gagne pas d’autres organes.
Q36. Quels sont les effets secondaires courants du DIU ?
Les effets secondaires courants sont les suivants :
- crampes, gêne, douleurs ;
- petits saignements (spotting) et saignements accrus ;
- dans 10 % des cas ou moins, explusion du DIU.
Q37. La présence de règles abondantes ou de saignements entre les règles justifie-t-elle le retrait du DIU ?
Pas nécessairement. Il faut signaler à la femme que l’utilisation du DIU au cuivre est normalement associée à des règles plus abondantes et que des saignements intermenstruels (saignements d’origine utérine en dehors des règles) peuvent se produire, en particulier au cours des premiers mois. Il y a lieu de lui conseiller d’accroître sa consommation d’aliments riches en fer.
- En cas de saignements et de douleurs minimes ou modérés au cours du premier mois suivant l’insertion et en l’absence de signes cliniques d’une infection pelvienne, on peut proposer à la femme qui souhaite continuer à utiliser le DIU un agent anti-inflammatoire non stéroidien autre que l’aspirine (de l’ibuprofène, par exemple).
- Les saignements diminuent généralement au fil du temps. Si les saignements sont abondants ou que la femme est anémique, la prise de comprimés de fer peut améliorer le taux d’hémoglobine. Si les pertes sanguines ou les douleurs sont fortes, ou si la cliente ne veut plus du DIU, il faut retirer ce dispositif. Si les saignements prolongés ou abondants semblent anormaux, il convient de faire un bilan et de prescrire un traitement, le cas échéant.
- Il faut écarter la présence d’un éventuel état pathologique d’ordre gynécologique.
- Si une infection pelvienne est diagnostiquée, il faut retirer le DIU et prescrire des antibiotiques. (En cas de légère sensibilité de l’utérus au toucher et en l’absence d’autres signes d’une infection pelvienne, une antibiothérapie à large spectre ou l’administration d’un agent chimiothérapeutique pourrait régler le problème ; exercer un bon jugement clinique pour décider s’il convient ou non de retirer le DIU.)
Q38. Le DIU est-il une cause de MIP ?
Le DIU n’est pas une cause de MIP. Toutefois, en présence d’une infection à gonococque ou à Chlamydia, par exemple, le DIU peut accroître le risque de MIP, surtout pendant le premier mois suivant sa pose.
Q39. Le DIU protège-t-il contre les IST/le VIH ?
Comme de nombreuses autres méthodes de contraception, le DIU ne protège pas ses utilisatrices contre les IST/le VIH. Pour se prémunir contre les IST/le VIH, il faut utiliser un préservatif à chaque rapport sexuel.
Sources:
- Global Health E-Learning Center, IUD Course [About this course]
- Global Health Technical Briefs: DIU (dispositifs intra-utérins):Une méthode qui refait son apparition [About this document]
- Eléments de la Technologie de la Contraception: Dispositifs intra-utérins (DIU) [About this document]
- Contraceptive Technology Update Series -- Intrauterine Devices [About this presentation]
- FHI Briefs: DIU : Sûrs, efficaces et sous-utilisés [About this document]
- Intrauterine Device (IUD) Fact Sheet from Pathfinder International
- Comprehensive Reproductive Health and Family Planning Training Curriculum, Module 7: Intrauterine Devices (IUDs) from Pathfinder International
- Birth Control FAQ from the FAQ Farm
















